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__________Regardes-la, la pauvre. Vraiment, elle fait de la peine. Il n'y a qu'elle pour pleurer devant sa télé. Il n'y a qu'elle pour se rendre compte, devant un écran, que d'autres chantent ce qu'elle pleure. Comme toujours, elle a la petite cuillère mais il n'y a personne pour la ramasser. Non : c'est pire ; la seule personne dont elle se laisserait ramasser est loin & ne se doute de rien.
Vraiment, même sans avoir lu de contes de fées, elle a cru que le monde était beau & bien. Elle pensait vraiment que tout irait bien, que sa vie avait un avenir & que son avenir était son choix. Il y a du monde autour d'elle mais personne pour lui expliquer la vie. Il y a la famille & les amis, il y a ceux qui la voient, ceux qui s'inquiètent pour elle, ceux qui l'aiment, ceux qui l'admirent, ceux qui la méprisent, ceux qui la détestent : elle a un monde autour d'elle. Mais aucun n'a su lui dire la difficulté, le mal, les larmes, les mensonges, les cris, les échecs, les oublis & le passé. _
__________Observe le, le malheureux. Décidément, il fait pitié. Ce garcon, sous ses airs fiers, est bien trop fragile. Il sait comme vous & moi que la vie blesse, tue ; mais il ignorait l'amour. & maintenant, devant ce livre, devant ces mots qui disent sa peine, il est las. Il n'a pas eu le temps de savoir ni d'écouter, il n'a pas voulu voir :
croire, écouter & regarder sont des verbes si difficiles. Il préfère se cacher sous des rires & des pas pour ne pas qu'on devine que lui aussi sent la chance passer avec le temps & la vie. Alors ces mots, cette musique qu'il écoute, les murs de sa chambre &
les fenêtres de sa vie l'enferment
Vous êtes là. Regardez, puisque vous voyez. Sachez, puisque vous croyez. Ecoutez, puisque vous entendez. On vous donne des sens pour que vous narriez le conte de fée où la fée est partie en vacances à la plage, a éteint son téléphone & rangé son ordinateur.
Un mot d'amour à l'oreille
Peut en chacun réveiller un volcan
Pour qui l'entend

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